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Chroniques

Mars 2018 /  Véronique Proulx s’entretient avec la déléguée générale du Québec à Mexico 

Mars 2018 / Véronique Proulx s’entretient avec le directeur des représentations du Québec en Chine 

Novembre 2017 / Le Canada désigne Québec comme neuvième Centre zone franche

Juillet 2017 / L'intelligence artificielle à l'ère de l'industrie 4.0 : opportunités à saisir et embûches à éviter

Juin 2017 Permis de travail pour les citoyens canadiens aux États-Unis

Avril 2017Exportations aux États-Unis : Décisions anticipées du CBP en vertu de l’ALÉNA

Mars 2017 / Entrevue avec Pierre Marc Johnson, avocat-conseil chez Lavery et négociateur en chef du gouvernement du Québec pour l’AECG

Février 2017 / Entrevue avec M. Éric Marquis, Délégué général du Québec à Chicago

Janvier 2017 / Entrevue avec M. Michel Audet, Délégué général du Québec à Bruxelles

 

 
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Novembre 2017 / Le Canada désigne Québec comme neuvième Centre zone franche

Le 30 août 2017, le gouvernement du Canada a annoncé que la région métropolitaine de Québec est désignée comme Centre zone franche («Centre ZF»). Bien que le Canada ne compte pas de sites de zone franche désignés comme c’est le cas aux États-Unis, il offre des programmes s’apparentant à une zone franche, tels que des entrepôts de stockage des douanes ainsi que le Programme de report des droits ou le Programme de drawback, qui visent à éliminer ou à reporter les droits de douane et les taxes à l’importation. Un Centre ZF simplifie le processus de demande de participation aux programmes canadiens visant les zones franches, élimine certains droits, adopte des normes de service à l’égard du délai de traitement des demandes et améliore la prestation des programmes visant les zones franches dans des endroits stratégiques au Canada en ayant un guichet unique. Le Centre ZF de Québec est le premier au Québec et le neuvième au Canada. La décision de désigner la région comme Centre ZF fait partie des priorités du gouvernement fédéral consistant à aider les entreprises canadiennes à s’intégrer aux marchés internationaux et aux chaînes de valeur mondiales.

Qu’est-ce qu’un Centre ZF?

Les centres ZF du Canada sont des régions géographiques désignées, où des organisations publiques et privées établissent un groupe de travail pour faciliter l’accès aux politiques et aux programmes du gouvernement, ce qui favorise la promotion du commerce local et international.

Centres ZF en place au Canada (Québec est en rouge)

Les centres ZF aident les entreprises en allégeant le fardeau administratif, en améliorant les flux de trésorerie, en réduisant les charges d’exploitation et en accroissant la capacité concurrentielle à l’échelle internationale. Ces centres ZF sont accessibles aux entreprises, peu importe leur situation géographique.

Ce que les entreprises doivent retenir

Les centres ZF facilitent l’accès aux divers programmes commerciaux qui s’offrent aux importateurs et aux exportateurs du Canada, y compris aux importateurs et aux fabricants situés à l’extérieur de la région géographique du Centre ZF, et en réduisent les coûts et le fardeau administratifs.
Les spécialistes en commerce international d’EY peuvent aider les entreprises à profiter du nouveau Centre ZF en :

  • leur prêtant assistance pour évaluer l’état actuel de leurs activités d’importation et d’exportation afin de déterminer leur admissibilité aux programmes de planification douanière;
  • leur offrant du soutien et des conseils dans la préparation et la présentation de demandes dans le cadre des programmes de planification douanière auxquels elles sont admissibles.

Pour en savoir davantage, veuillez communiquer avec votre conseiller EY, ou avec l’un des professionnels suivants:

Sylvain Golsse / sylvain.golsse@ca.ey.com

Mike Cristea / mike.cristea@ca.ey.com

Traci Tohn / traci.tohn@ca.ey.com

Denis Chrissikos / denis.chrissikos@ca.ey.com

 


Juillet 2017 / L'intelligence artificielle à l'ère de l'industrie 4.0 : opportunités à saisir et embûches à éviter

 

     

Jean-Sébastien Desroches, avocat

Associé au sein du groupe

Laboratoire juridique sur l'intelligence artificielle

Lavery

 

Texte corédigé avec Daphnée Anctil, avocate

De plus en plus d’entrepreneurs s’interrogent sur les conséquences, positives et négatives, que pourraient avoir l’intelligence artificielle sur leur entreprise. Et on ne parle pas ici des évolutions technologiques comme celles que l’on voit dans les films de science-fiction, mais bien des évolutions réelles et anticipées sur lesquelles plusieurs travaillent actuellement visant à permettre à divers systèmes et logiciels d’apprendre et de s’améliorer comme les humains et de réaliser des tâches plus rapidement, et avec plus de précisions, que les humains.  

L’expression « Industrie 4.0 » réfère à cette quatrième révolution industrielle mise en branle par les nouvelles technologies qui permettent « la connectivité des données et des objets entre eux » (Feuille de route – Industrie 4.0, Ministère de la science, de l’économie et de l’innovation). 

Concrètement, cette révolution est susceptible d’amener une personnalisation accrue des produits et des services ainsi qu’une intégration verticale et horizontale plus poussée des réseaux et des systèmes qui relient l’entreprise manufacturière, d’une part, à ses fournisseurs, ses clients et aux consommateurs ultimes, d’autre part.

L’avantage premier d’intégrer l’ensemble des processus d’une entreprise manufacturière est l’augmentation de la productivité ainsi qu’une meilleure utilisation des ressources, qu’elles soient financières, humaines, techniques ou opérationnelles. L’objectif de réaliser un produit plus rapidement, plus efficacement, avec moins d’erreurs et une qualité accrue est bien sûr attrayant et souhaitable.

Tout porte à croire que les applications d’intelligence artificielle, notamment celles qui découleront du virage numérique amorcé il y a quelques années ou encore celles qui résulteront de la capacité de traiter en un temps record un nombre étonnant de données, et qui seraient intégrées de manière efficace dans les processus d’une entreprise manufacturière, deviendront à court ou moyen terme indispensables pour permettre à une entreprise de demeurer compétitive dans son industrie. 

Or, toute transformation significative des processus d’affaires, surtout si elle survient dans un court laps de temps, amène invariablement des conséquences juridiques et pratiques qu’un entrepreneur ne doit pas prendre à la légère. 

En effet, cette industrie 4.0 présuppose un gain d’autonomie de la machinerie et des équipements utilisés dans la production manufacturière qui influencera la responsabilité juridique entre l’entreprise manufacturière et ses fournisseurs, sous-traitants, employés, clients et consommateurs ultimes. 

Par exemple, les processus d’analyse des données, de contrôle de qualité, de personnalisation des produits, de création de propriété intellectuelle, d’accès et d’usage des renseignements personnels, ainsi que la rapidité dans l’analyse et la génération de données et d’informations seront tous des aspects susceptibles de menacer l’équilibre juridique entre les droits, les responsabilités et les obligations d’une entreprise manufacturière et des divers intervenants dans sa chaine de production. 

Sur le plan juridique, il est actuellement difficile de déterminer si des changements aux lois et règlements seront mis en place ou même requis. Dans l’intérim, les entreprises se doivent, afin de minimiser les risques associés aux changements anticipés avec l’intelligence artificielle, d’apporter une attention particulière à la détermination des droits et obligations des parties prenantes à leurs processus tout en tenant compte des enjeux propres à leur industrie. 

 


Juin 2017 / Permis de travail pour les citoyens canadiens aux États-Unis

 

Nicolas Joubert, associé chez Lavery  

Nicolas Joubert

Associé au sein du groupe

Droit du travail et de l'emploi

Lavery

La présidence américaine de Trump n’a pas encore franchi les 200 jours, que des ondes de choc dans le domaine des exportations se font déjà ressentir, notamment en lien avec la renégociation imminente de l’ACCORD DE LIBRE-ECHANGE NORD-AMERICAIN (ALÉNA). Or, l’une des considérations importantes pour les manufacturiers et exportateurs canadiens est la mobilité de la main-d’œuvre. En effet, il est important pour les entreprises manufacturières opérant aux États-Unis et au Canada de pourvoir à leurs besoins en main-d’œuvre qualifiée de la manière la plus efficace possible. À l’heure actuelle, il existe différents types de permis de travail pouvant être utiles aux entreprises souhaitant utiliser les services de citoyens canadiens en territoire américain. Compte tenu des récents développements politiques et, bien que nous ne pouvons nous prononcer avec certitude pour l’instant, les règles applicables sont susceptibles de changer dans un futur rapproché. 

Régime de l’ALÉNA

D’abord, l’ALÉNA permet à certains travailleurs (catégorie B-1) d’opérer sans qu’un permis de travail ne soit nécessaire. En effet, ce statut permet à un travailleur employé par une entreprise canadienne de mener des affaires temporairement aux États-Unis, à condition, entre autres, qu’il ne reçoive aucune rémunération de source américaine. On peut penser par exemple à un employé canadien qui souhaite voyager aux États-Unis pour participer à une rencontre, négocier un contrat, assister à une conférence ou bien encore fournir un service après-vente pour des biens qui ont été vendus par une entreprise canadienne à une entreprise américaine, lorsque ce service a été expressément prévu dans le contrat de vente initial.

En vertu de cet accord, il est également possible pour certains travailleurs d’exercer leur profession aux États-Unis en tant que professionnels de l’ALÉNA, et ce, de manière temporaire et pour une période allant jusqu’à trois ans, laquelle peut être renouvelée indéfiniment.  En effet, le statut de travailleur TN, disponible pour les professionnels non-immigrants de l’ALÉNA (la liste comprend 60 professions, dont par exemple : ingénieur, consultant en gestion, analyse de systèmes informatiques, scientifique, etc.), permet à ces citoyens de travailler pour un employeur des États-Unis, à condition qu’ils rencontrent les conditions minimales désignées pour chaque profession. 

Par ailleurs, le permis de travail L-1 permet à un citoyen canadien dont l’employeur opère une entreprise à la fois aux États-Unis et au Canada d’être transféré vers l’un des bureaux affiliés de l’employeur situé aux États-Unis. Précisons à cet égard que l’employé doit avoir été à l’emploi de l’entreprise de manière continue pendant un an dans les trois ans qui précèdent son transfert à une autre branche et qu’il doit occuper un poste de gestionnaire, de dirigeant ou bien encore posséder des connaissances spécialisées de l’entreprise ou de ses produits pour pouvoir se qualifier.

Fait à noter, en tant que citoyen canadien, ces demandes peuvent être présentées en personne directement à un port d’entrée américain. 

Les politiques proposées et discutées par la Maison Blanche annoncent toutefois un vent de changement dans la sphère du commerce international et la mobilité des travailleurs a de fortes chances de s’en trouver affectée. L’équipe de professionnels de Lavery, de Billy saura vous conseiller dans vos démarches afin de cibler et d’obtenir le permis de travail le mieux adapté à vos besoins et à ceux de votre entreprise, et ce en tenant compte des changements à venir, tant au Canada qu’aux États-Unis.

 


Avril 2017 / Exportations aux États-Unis : Décisions anticipées du CBP en vertu de l’ALÉNA

 

               

Me Edith Jacques

Lavery

               

Me Judith Houle-Couture

Lavery

Contexte :

Dans la foulée des changements politiques de l’automne dernier au sud de la frontière canadienne, les yeux se tournent maintenant vers l’Accord de libre-échange nord-américain (« ALÉNA ») qui a fait l’objet au cours des dernières semaines d’un cocktail de discussions, de critiques et de spéculation quant à son sort en lien avec sa renégociation potentiellement imminente. Dans cette optique, les manufacturiers et exportateurs canadiens redoutent une remise en question des règles adoptées en vertu de cet accord, notamment en matière de tarifs douaniers, de règles d’origine et de procédures douanières.

Malgré cette incertitude quant à la portée et l’issue des renégociations à venir, l’Accord est bel et bien encore en vigueur en date des présentes et dans ces circonstances, il est primordial de rappeler aux manufacturiers et exportateurs canadiens l’importance de bien connaître les règles applicables en vertu de cet accord afin d’en retirer le maximum d’avantages à court terme.

Décisions anticipées :

À ces fins, les manufacturiers et exportateurs canadiens ont accès à bon nombre d’outils leur permettant d’assurer la conformité de leurs exportations avec les règles de l’ALÉNA. Notamment, l’ALÉNA prévoit que chaque pays membre, par l’entremise de son administration douanière, fournisse rapidement à une partie intéressée, soit généralement un exportateur ou un importateur, des « décisions anticipées » relativement aux marchandises en provenance d’un pays membre et qui seront importées dans un autre pays membre.

En matière d’exportations aux États-Unis, l’administration douanière en charge de rendre de telles décisions anticipées est le U.S. Customs & Border Protection (« CBP »). C’est donc au CBP qu’un manufacturier ou un exportateur canadien (ou son importateur américain) doit se référer lorsqu’il entend exporter des marchandises aux États-Unis et obtenir une décision anticipée en la matière.

Sur demande d’une partie intéressée, le CBP peut rendre différents types de décisions anticipées relativement au traitement d’une marchandise au moment de son importation aux États-Unis. Notamment, il est possible pour une partie intéressée de demander une décision anticipée quant à la classification tarifaire d’une marchandise, le pays d’origine, le marquage du pays d’origine ainsi que le traitement préférentiel applicable en vertu de l’ALÉNA.

Une fois la décision rendue par le CBP, ce dernier est lié par ses conclusions et se voit donc contraint à les appliquer en lien avec toute importation aux États-Unis de la marchandise visée dans ladite décision anticipée, et ce jusqu’à ce qu’une telle décision soit révoquée ou modifiée en conformité avec la règlementation applicable.

Une demande prospective d’une partie intéressée permet donc d’éviter les mauvaises surprises lors du dédouanement des marchandises à leur arrivée aux douanes américaines en plus de permettre une prévisibilité additionnelle sur le long terme.

Commentaires :

L’incertitude actuelle quant à la stabilité, prévisibilité et pérennité des règles applicables en vertu de l’ALÉNA appelle à la vigilance, d’où la pertinence d’utiliser le mécanisme de décision anticipée du CBP lors des exportations de marchandises canadiennes aux États-Unis. Bien qu’il soit difficile de se prononcer sur les conséquences pratiques pour les exportateurs canadiens de la renégociation ou résiliation potentielle de l’ALÉNA, il n’en demeure pas moins que cet accord est pour le moment toujours en vigueur et l’équipe de professionnels de Lavery saura vous conseiller davantage dans vos démarches d’exportations aux États-Unis ainsi qu’auprès du CBP afin de pouvoir en bénéficier pleinement.

 


Mars 2017 / Entrevue avec Pierre Marc Johnson, avocat-conseil chez Lavery et négociateur en chef du gouvernement du Québec pour l’AECG

 

Pierre Marc Johnson

Avocat conseil

Lavery

Q : M. Johnson, concrètement, expliquez-nous les bénéfices de la ratification de cet accord pour les entreprises exportatrices québécoises ?

R : La première chose à laquelle je pense est, bien évidemment, l’accès privilégié à un marché de 500 millions de consommateurs.

Pour les entreprises exportatrices déjà actives sur le territoire européen et celles qui désireront conquérir ce nouveau marché, l’élimination de la quasi-totalité des tarifs douaniers aux portes de l’Union européenne représente un avantage concurrentiel majeur pour les entreprises d’ici par rapport à leurs concurrents en provenance des États-Unis, du Japon, de la Chine et de nombreux pays du Pacifique qui n’ont pas conclu un accord de libre-échange avec l’Union européenne.

Il y a quelques exceptions sur certains produits sensibles, comme des produits agroalimentaires exclus ou sujets à des quotas et certaines catégories de véhicules automobiles et de navires pour lesquels l’élimination des droits de douane se fera progressivement sur une période de transition allant jusqu’à sept ans. À terme, ce sont 98% des tarifs qui seront éliminés de part et d’autre, dont 100% des tarifs sur les produits industriels.

Un autre bénéfice important dépasse quant à lui le cadre des opportunités pour les entreprises exportatrices et touche plutôt l’ensemble de l’économie québécoise. Il s’agit de la position géographique et de la situation unique du Québec, qui bénéficiera d’un accès libre à deux des plus grands marchés au monde grâce à l’AECG et l’ALENA. Avec l’entrée en vigueur de l’AECG, le territoire québécois deviendra une porte d’entrée autant pour les entreprises américaines qui veulent atteindre le marché européen que pour les entreprises européennes qui veulent accéder à celui des États-Unis. Cette situation risque fort bien de mener à de nouvelles opportunités de partenariats et d’investissements appréciables en territoire québécois. C’est un avantage concurrentiel non négligeable qu’il faudra saisir pour profiter pleinement de l’AECG.

Q : Quelles sont les stratégies pour profiter du potentiel de cet accord ?

R : Bien que l’accord ait été ratifié le 15 février dernier et que le traité prévoit la possibilité d’une mise en application provisoire rapide pour toutes les clauses qui relèvent uniquement du Parlement européen, il faut s’attendre à un délai de trois à quatre mois pour la réelle entrée en vigueur.

Ceci dit, les entreprises québécoises, accompagnées par les deux paliers de gouvernement, doivent, dès maintenant, s’y préparer et devront tout mettre en œuvre pour innover dans leur pratique. L’innovation sera plus que jamais essentielle à la réussite des PME du Québec.

Maintenant que les autorités gouvernementales du Canada et de l’Union européenne ont conclu un accord pour faciliter la libre circulation des marchandises, des personnes et du capital entre les deux territoires, il faut se donner les moyens de rejoindre et communiquer efficacement avec les nouveaux partenaires et clients potentiels.

Afin que les PME du Québec puissent rencontrer plus facilement leurs futurs partenaires et clients, il faut créer des occasions d’échanges par des moyens technologiques, des missions commerciales et des plateformes de dialogues qui accroissent significativement l'accès des PME aux marchés publics et privés européens, mais également à ceux de chacun des pays membres de l’UE et même à ceux de chacune des municipalités.

Il faut multiplier ces initiatives ! Les gouvernements ont un rôle à jouer, mais ils ne peuvent le faire seuls : les organisations d’employeurs qui représentent les entreprises exportatrices du Québec, telles que Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), deviennent des partenaires précieux et incontournables.

 


 

Février 2017 / Entrevue avec M. Éric Marquis, Délégué général du Québec à Chicago

 Éric Marquis 

 Délégué général du Québec à Chicago

 Délégation du Québec à Chicago

« LA GLACE CASSE VITE ENTRE LES QUÉBÉCOIS ET LES GENS DU MIDWEST ». 

Entrevue d’Éric Tétrault avec le Délégué du Québec à Chicago, Éric Marquis.

ÉRIC TÉTRAULT - Eric, on parle toujours des états de la Nouvelle-Angleterre lorsqu’il est temps d’exporter aux États-Unis. Pourtant, le Midwest est un bon marché.

ÉRIC MARQUI - Oui. C’est un marché de $14 milliards et en pleine croissance. Entre 2010 et 2015, les exportations du Québec ont bondi de 61 %. À titre indicatif, la croissance pour l’ensemble des États-Unis durant la même période fut de 47 %. La Délégation du Québec à Chicago travaille avec plus de 200 entreprises québécoises annuellement. Nos conseillers expérimentés sont bien placés pour aider ces entreprises à réaliser leurs projets américains et découvrir de nouvelles occasions d’affaires.

C’est une économie multisectorielle, où il y a une forte présence de sièges sociaux dans plusieurs secteurs; 40 % des sièges sociaux américains en agroalimentaire sont situés dans le Midwest. Et Chicago, c’est un très grand pôle logistique et un centre de foires. C’est donc une plate-forme majeure pour l’expansion de nos activités vers les États-Unis.

ÉRIC TÉTRAULT - Multisectoriel, ça ressemble beaucoup au Québec ça.

ÉRIC MARQUIS - Oui. Ça explique pourquoi nous y sommes si présents. Nous avons tissé des liens aux plus hauts niveaux avec les gouverneurs de ces états, nous participons régulièrement à leurs événements et leurs foires commerciales, nous discutons de nos grands projets comme la stratégie maritime avec l’Indiana. L’Ohio se spécialise en aérospatiale et en manufacturier. On construit et on innove ensemble. Nos liens sont déterminants sur le commerce : quand on dit que 35 états américains sur 50 ont le Canada comme premier partenaire commercial, cela comprend les 12 états du Midwest, du Michigan et l’Ohio à l’Est jusqu’aux Dakotas à l’Ouest.

ÉRIC TÉTRAULT Est-ce qu’il existe un « road map » particulier pour les entrepreneurs québécois ?

ÉRIC MARQUIS - Pas particulièrement. Mais je conseille deux choses : avoir un service à la clientèle irréprochable, et y mettre le temps. Le Midwest est un marché de proximité pour le Québec : on a tout intérêt à y venir régulièrement pour être compétitif. Pour le reste, il faut savoir que les entrepreneurs du Midwest nous ressemblent : il y a beaucoup d’entreprises familiales, les liens sont informels et la communication est facile. Quand les entrepreneurs québécois et ceux du Midwest se rencontrent, la glace casse vite ! D’ailleurs, la présence au Midwest de nombreux centres de décision dans le commerce de détail a incité la Délégation à développer un nouveau type de mission. On amène des délégations d’entreprises sur le terrain pour rencontrer directement les responsables des décisions d’achat des grandes chaînes d’alimentation (ex. : Kroger, Roundy’s, Meijer’s) et de quincailleries (Menards, Ace, Do-It-Best). C’est une excellente manière de positionner les produits québécois face à la concurrence : ça génère beaucoup de ventes et ça contribue à créer des emplois au Québec. 

ÉRIC TÉTRAULT Il faut quand même percer le marché. Qu’est-ce qui attend l’entrepreneur qui veut le faire ?

ÉRIC MARQUIS - Il y a de grosses chances que votre produit existe déjà. Donc, pourquoi mon produit plutôt que celui-là ? Il faut répondre à de nouveaux besoins. Ipex a conçu une technologie de traitement de l’eau pour une municipalité du Michigan qui a coûté moins cher et permet à cette communauté d’avoir une eau de qualité supérieure aux villes avoisinantes. L’innovation est donc une clé du succès. Faire appel à de bonnes ressources locales est un pas dans la bonne direction. Les aspects légaux sont importants aussi; Et il faut savoir composer avec le Buy American Act qui limite l’accès aux contrats publics. 

Les entreprises québécoises qui souhaitent développer leurs affaires aux États-Unis et dans le Midwest en particulier ne doivent pas hésiter à faire appel à la Délégation de Chicago pour les appuyer. Elles auront accès à une équipe dédiée qui pourra leur offrir un accompagnement adapté à leurs besoins et à leurs objectifs. 

MEQ remercie Export Québec, une unité du Ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation pour sa précieuse collaboration. 

Pour plus d’information sur les activités et les services d’Export Québec :  www.export.gouv.qc.ca
   
   

Janvier 2017 / Entrevue avec M. Michel Audet, Délégué général du Québec à Bruxelles

Michel Audet

Délégué général du Québec à Bruxelles

Délégation du Québec à Bruxelles

 

« ON NE SE SERT PAS SUFFISAMMENT DE NOTRE BONNE RÉPUTATION »

Le délégué du Québec à Bruxelles voit de nombreuses opportunités pour les entreprises québécoises avec l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange avec l’Europe. Il a gentiment accepté de répondre à nos questions.

ÉRIC TÉTRAULT – On sent un repli nationaliste en Europe. Avec le « Brexit », l’Italie, et peut-être d’autres bientôt, les entrepreneurs devraient-ils attendre un peu ou investir en Europe maintenant ?

MICHEL AUDET – Il n’y aura jamais de bon moment. La géopolitique est complexe en Europe et elle bouge constamment. Regardez la crise des migrants par exemple, on ne sait pas de quoi serait fait l’avenir.  Nous devons par contre voir les opportunités. Après sa sortie de l’Europe, le Royaume-Uni doit déterminer sa position face au Marché commun. Il devra établir des relations bilatérales selon le modèle de l’AECG, entre autres avec le Canada. En Italie, je le vois surtout comme un sursaut de nature constitutionnelle. C’est un peuple de commerçants. L’Europe est notre deuxième marché d’exportation après les États-Unis,  et il est en croissance. C’est un marché mature, mais avec un potentiel de croissance, de stabilité et de prévisibilité.

ÉRIC TÉTRAULT – Comment les entrepreneurs québécois sont-ils perçus là-bas ?

MICHEL AUDET – Comme des pragmatiques. Des gens pas compliqués, honnêtes et fiables. Cela nous sert bien dans les Pays-Bas et en Allemagne, par exemple. En France, notre premier marché en Europe, il faut un peu plus de rhétorique quelquefois, mais nous sommes capables aussi de jouer sur ce registre. Les Européens savent que nous sommes une économie de PME qui connaît ses marchés. Ils sont impressionnés aussi par l’écosystème de nos créneaux d’excellence. Ils voient bien que dans l’aéronautique, on a l’université pour former l’ingénieur, le cegep pour former le technicien, le support de l’État et le réseau de fournisseurs. On ne se sert pas assez de notre bonne réputation en Europe.

ÉRIC TÉTRAULT – Justement, quelles sont les opportunités qui vous apparaissent les plus prometteuses dès la mise en vigueur de l’accord ?

MICHEL AUDET – J’étais en Gaspésie l’été dernier. Un transformateur de produits de la mer me disait qu’il allait payer 18% de moins sur chaque crevette exportée en Europe. Les secteurs où les tarifs étaient les plus forts sont intéressants. Le secteur de l’énergie a aussi beaucoup de potentiel. C’est un enjeu-clé ici. Avec l’abandon du nucléaire en Allemagne et la pression sur la Belgique et la France pour en faire autant, ceux qui auront des solutions en transition énergétique, en stockage, en optimisation et en redistribution ont un marché. Je pense ici à Hydro-Québec et à tout le secteur de l’énergie et de l’économie verte au Québec. Dans nos créneaux, il y a de grandes opportunités pour l’agroalimentaire et les sciences de la vie. Et il faut miser sur nos points forts. La Belgique (Anvers) et les Pays-Bas (Rotterdam) ont les deux plus grands ports en Europe. Il y a des besoins en logistique et en transport. Nous échangeons d’ailleurs beaucoup avec eux dans le contexte de notre stratégie maritime. Et puis il y a une multitude de PME de services en TI qui pénètrent les marchés européens par plusieurs portes d’entrée différentes. 

ÉRIC TÉTRAULT – Dans mes visites sur le plancher au Québec, je n’ai pas senti d’enthousiasme débordant pour l’Europe. On me parlait surtout des États-Unis, surtout avec les changements à la présidence. Comment faire pour susciter un peu plus d’engouement ?

MICHEL AUDET – Je suggère de faire connaître les opportunités par secteur. Il nous faut des analyses plus pointues. Les entrepreneurs québécois verront mieux les opportunités en fonction des secteurs qui seront les plus impactés positivement par l’AECG.

Michel Audet a gracieusement accepté de collaborer avec nous sur une base régulière. Ses propos seront diffusés dans notre infolettre. MEQ remercie Export Québec, une unité du Ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation pour sa précieuse collaboration. 

Pour plus d’information :  Export Québec / AECG  

Contact :
Marc Fillion | Responsable AECG
Direction des marchés de l’Europe / Export Québec
514 499-2199, poste 3162
marc.fillion@economie.gouv.qc.ca


 

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